Extraits des ouvrages d'Annick de Souzenelle

Le dernier ouvrage d'Annick de Souzenelle : "Le jour des guérisons" vient de paraître !

  • Le Symbolisme du Corps Humain

    J'ignorais le titre de ce livre - et plus encore le livre lui-même - que déjà dans ma petite enfance (je le sais aujourd'hui) il plantait en moi ses racines :
    Je riais de ce que le Petit Poucet portait le nom de mon pouce, et m'amusais à imaginer ses frères comme les doigts agiles de ma main, mais impuissants sans lui.
    Et puis il y avait Cendrillon dont le pied fin, unique au monde, m'émerveillait.
    Ce n'était que le commencement des histoires de "pied".
    Au cours dit "d'Histoire sainte", j'apprenais que c'est au talon que le serpent avait mordu notre mère Eve et que, depuis, nous portions tous une inguérissable autant qu'invisible blessure au pied.
    Inguérissable ?
    Et pourtant, le patriarche Jacob semblait plus tard prendre en main le talon de son frère - n'était-ce pas pour quelque chose ?
    lui qui serait bientôt blessé par l'ange à la hanche.

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  • L'Egypte intérieure

    Le sujet de cet ouvrage est tiré d'un récit biblique raconté dans le livre de l'Exode.
    J'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion de le traiter succinctement au cours de quelques conférences, et plus amplement dans des séminaires d'études à l'issue desquels bon nombre d'auditeurs m'ont demandé de consigner par écrit ce sur quoi nous venions de méditer ensemble.
    Je crois que je suis beaucoup plus accessible par la parole que par l'écriture, la parole laissant jaillir la vie que l'écriture risque de figer, une vie qui ne laisse ni ambiguïté ni malentendu alors qu'un écrit trop elliptique - comme l'est souvent le mien - comporte ce danger.
    Je me décide cependant à écrire et serai attentive à être le plus explicite possible.
    Mais cette remarque m'amène à poser dès le départ quelques précisions que je supposerai acquises par le lecteur au cours de l'ouvrage, car il m'est difficile d'alourdir le texte de leur réitération.
    Comme celle-ci par exemple :
    Nous allons nous appuyer sur un temps historique de la vie des Hébreux qui, entre le XIX° et le XIV° siècle avant l'ère chrétienne, ont vécu en Egypte, s'y sont multipliés jusqu'à devenir une force que le Pharaon, roi d'Egypte, a maintenue en rude esclavage.
    Parmi eux, un homme, Moïse, a soudain eu conscience de l'esclavage intérieur que cette situation extérieure révélait.

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  • La Lettre Chemin de vie

    L'ouvrage que je présente ici est l'aboutissement d'une méditation et d'une expérience de vingt-cinq années.
    Ce n'est pas une oeuvre d'érudition.
    ...
    Pendant cinq années, j'ai bu aux deux mamelles - judaïsme et christianisme - le lait de l'unique Tradition que je ressentais comme ma mère, riche des deux pôles nourriciers qui se complètent, se confirment et se vérifient ; ils ne sont que trop ignorés, alors que leurs épousailles me semblent conditionner le devenir de l'humanité.

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  • La parole au coeur du corps

    Dans le tumulte iconoclaste de Mai 68, sur l'un des murs de l'honorable Sorbonne, un étudiant rageur avait un jour peinturluré :
    DIEU EST MORT - signé : Nietzsche.
    Mais derrière lui était passé l'un de ses congénères, plein de bon sens et de malice qui, lui, avait inscrit :
    NIETZSCHE EST MORT - signé : Dieu.
    Jeu de mots facile contre slogan éculé ?
    Voire.
    Tout l'avenir spirituel de l'Occident se joue peut-être là, dans ce face-à-face paradoxal de deux constatations.
    Car telle est bien la double et cruciale évidence qui mine nos esprits en cette fin de siècle :
    d'une part, le Dieu d'antan est mort et l'on ne peut plus honnêtement y croire, du moins comme nos pères "croyaient " ; et d'autre part, êtres de chair, de sang et de conscience, mais aussi de désir et de désir de sens, nous ne nous résoudrons jamais au néant, à l'élimination de toute transcendance.

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  • Job sur le chemin de la lumière

    Aller vers Job, n'est-ce pas risquer d'ajouter un bavardage à celui de ses trois amis venus le visiter, auxquels on ne peut pourtant reprocher d'avoir manqué de compassion envers lui ?
    ...
    Approcher l'Homme de douleur hors du silence me semble relever d'une insolence aussi intolérable que celle que je ressentais (et que je devais cependant surmonter) lorsque je me penchais, pleine de santé, vers les malades que je soignais autrefois.
    ...
    Quelle impuissance devant la douleur !
    C'est elle qui m'empoigne encore en abordant ce livre.
    ...
    J'y suis poussée par la demande de ceux avec qui j'ai partagé cette réflexion sur le livre de Job, et qui se sont même donné la peine de transcrire les cassettes enregistrées de cette étude.
    ...

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  • Le féminin de l'être

    "Réjouis-toi Marie, pleine de grâces"
    chante Gabriel, l'ange qui vient annoncer à Marie sa maternité virginale : première salutation du ciel à la terre dans les Evangiles.
    "Je sais que tu es belle"
    s'écrie Abram en magnifiant Saraï son épouse : première parole adressée par un homme à une femme dans la Bible.
    Beauté, plénitude de grâces, maternité, "gloire de l'Homme", dira l'apôtre Paul, mais aussi "gloire de Dieu",
    ajoutera-t-il dans un registre plus subtil.
    Telle est la femme que je voudrais célébrer en ces pages, moi femme si lourde d'une telle richesse et si douloureuse parfois de n'en pouvoir accoucher !
    En disant cela j'aborde d'emblée trois niveaux du féminin :
    la femme que je suis au plan biologique ;
    le féminin "autre côté d'Adam", celui de l'intériorité de l'homme et de la femme dont ce livre va témoigner ; mais aussi l'humanité entière (hommes et femmes) féminine par rapport à Dieu.

    L'humanité est la "gloire de Dieu", que le Verbe pose en tête de la Création dans le "Toi" né de son "Je" divin dès la première lettre du Bereshit.
    Le Bereshit est le Livre de la Genèse, appelé ainsi en hébreu du premier mot qui le compose et dont la Tradition nous assure qu'il contient la totalité de la Torah.
    A son tour le premier mot, dit-elle encore, confie son secret à la première lettre, le beit.
    La lettre beit ouvre et recouvre notre Livre sacré.

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  • Oedipe intérieur

    Si nos mythologues s'accordent à opposer Muthos et Logos, les racines mêmes de leur nom, si, en raccourci, ils les font relever, l'un du cerveau droit, qui ouvre au mystère, aux espaces potentiels de l'intériorité de l'Homme, à la mélodie..., l'autre du cerveau gauche qui préside à la parole, à la logique, au temps et aux rythmes, ne pouvons-nous enfin tenter de les unir pour conduire notre pensée vers une plus grande profondeur des choses et libérer nos mythologues de cette schize dans laquelle nombre d'entre eux s'aliènent ?
    Je ne veux pas parler ici des "mythes" forgés au cours de l'Histoire à partir d'entités auxquelles l'Homme a donné arbitrairement valeur d'axiomes, mais de ceux qui fondent chacune des grandes traditions du monde.
    De ces mythes fondateurs, la source nous échappe radicalement ; ils postulent un "surunivers" de qualité divine et ont tout d'abord donné naissance aux différentes cultures, voire aux diverses religions, dans le sens où l'Homme a toujours eu un besoin impératif de se relier à l'invisible, au mystère, à Dieu.
    Les religions se sont exprimées à travers rites et croyances ; les cultures à travers le théâtre, les chants, les arts, qui tous ont façonné et structuré le corps et l'âme des sociétés dont elles étaient le lit.
    Dans ce sens, le mythe semble être au collectif ce qu'est le rêve à la personne.

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  • Pour une mutation intérieure

    ....
    Ce volet de votre livre est aussi saisissant qu'indiscutable.
    Il en appelle cependant un autre, que vous signalez, mais dont vous ne développez ni l'importance capitale, ni le chemin de réalisation ; il s'agit de l'état de la Terre intérieure de l'Homme, la "Adamah" de notre mythe fondateur, commun aux trois religions du Livre.
    Or l'une des lois ontologiques, dramatiquement ignorée, veut que le monde extérieur soit l'objectivation du monde intérieur du grand Adam qu'est l'humanité ; ils sont les deux pôles d'une même réalité.
    Et si nous ne nous appliquons pas à la restauration de ce monde intérieur, tout ce que vous tentez de mettre en place pour la restauration de notre planète Terre restera, je le crains, inopérant.
    Avec Vladimir Vernadsky, vous nous appelez en effet à reconnaître "l'importance des idéaux spirituels et moraux de l'humanité" ; vous demandez en urgence "un changement des mentalités, voire celui des cœurs ; une chute des haines et des méfiances ; un passage de l'Avoir à l'Etre ; l'accès à une nouvelle éthique, à un nouveau registre de valeurs".
    Vous vous étonnez de ce que "des civilisations édifiées sur les valeurs chrétiennes ne réagissent pas à la misère intolérable du monde".
    Vous faites référence au mythe biblique de la Création, et le prenez donc en compte, pour vous interroger sur son sens par rapport au non-sens tragique de notre situation planétaire.
    Vous voyez alors se profiler le "Robot-Sapiens"... et proposez de " former un partenariat à l'échelle globale pour prendre soin de la terre et de nos prochains ou bien participer à notre propre destruction ! ".
    Si je me permets de reprendre ces termes qui sont vôtres, c'est pour vous dire à quel point je suis sensible à la conscience aiguë que vous avez du soin à apporter à nos terres intérieures, dont votre livre témoigne, mais qu'il n'était pas de votre propos de développer.
    J'ose ici dire ce non-dit, sans prétendre faire œuvre exhaustive, mais en tentant de parler des textes sacrés que vous évoquez, pour éveiller la mémoire de leur message dans le cœur de nos contemporains ; textes à l'extérieur de nous et cœurs au-dedans de nous étant écrits de la même plume.

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  • L'arc et la flèche

    Comment parler avec les mots appauvris de notre langage de ce qui relève du Verbe ?
    Car il relève du Verbe, il relève du divin, celui que nous appelons l'Eros !
    Comme un fleuve de feu, il prend sa source dans le Rien.
    Il s'écoule avec une impétuosité torrentielle pour s'engouffrer dans les râles du désir, dans l'exaltation des ravissements, puis s'apaiser, se meurtrir aux rochers des ruptures, s'enliser dans les sables des chagrins, passer au filtre des alchimies les plus mystérieuses puis revenir à sa source première, Rien !
    Anéantissement sous la chape de plomb des échecs ?
    Oui, souvent !
    Mais parfois aussi or pur des ivresses muettes qu'une divine étreinte accorde à la chair Une recouvrée !
    Quel autre nom donner à ce fleuve de vie qui court dans mes membres comme dans la plus humble fleur, qui fait chanter le vent et briller les étoiles ?
    Quelle que soit sa rugosité ou sa tendresse, qu'il se nomme philia ou agapé, il est l'éros.
    Eros, philia et agapé sont trois termes du langage chrétien, empruntés au grec, qui expriment l'amour ; en ordre croissant, ils sont relatifs à des niveaux de conscience, donc d'expérience, différents selon l'évolution de l'être.
    Philia évoque un amour-amitié ; agapé est une tendresse dénuée de tout attachement, de toute possessivité, un amour purifié.

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  • L' Alliance oubliée

    Monument littéraire, socle de notre civilisation, livre saint pour les juifs et les chrétiens, la Bible pourtant ne "parle" ; plus à nombre de nos contemporains.
    On continue, certes, de s'y référer pour expliquer tel pan de notre histoire, à la lire avec curiosité comme une formidable fresque romanesque, à y chercher des références culturelles.
    Mais hormis les croyants les plus fervents, de moins en moins d'Européens y trouvent une véritable nourriture spirituelle.
    A l'exception des Evangiles - les récits de la vie de Jésus et ses paroles - qui conservent pour beaucoup de chrétiens une étonnante modernité, la plupart des Livres saints apparaissent lointains et peu crédibles aux lecteurs d'aujourd'hui.
    Combien de fois ai-je entendu, au cours de mes enquêtes sociologiques auprès d’Occidentaux d’origine juive ou chrétienne et séduits par les spiritualités orientales, que les mots de la Bible étaient "usés", que ces histoires, aussi belles soient-elles, ressemblaient plus à des "fables pour enfants" qu’à des enseignements éthiques ou spirituels susceptibles de donner du sens à la vie.
    Le Livre biblique le plus atteint par cette perte de crédibilité est sans aucun doute le premier d’entre eux, la Genèse, et particulièrement ses onze premiers chapitres qui racontent la création du monde et de l’homme, la faute d’Adam et Eve trompés par le serpent, le déluge et l’arche de Noé, et la construction de la tour de Babel.
    Lu comme un récit historique des origines de l’homme et du monde, ce texte apparaît comme totalement absurde au regard de nos connaissances scientifiques et historiques actuelles.

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  • Résonances bibliques

    Beaucoup de nos frères juifs s'interrogent aujourd'hui sur la personne de Jésus et se penchent sur les Évangiles :
    Jésus rendu aux siens, En vérité je vous le dis, Une lecture juive des Évangiles, Shalom Jésus, d'autres ouvrages encore en sont le témoignage.
    De leur côté, de nombreux chrétiens se tournent vers la Tradition juive et apprennent l'hébreu pour mieux lire la Bible dont la traduction n'échappe pas - et moins que d'autres ! - à la "trahison"...
    Un indéniable désir de rencontre s'exprime, quï veut non seulement mettre fin à des siècles de rejets, de méconnaissance et d'anathèmes, mais aussi nous réenraciner et nous épanouir dans nos Traditions respectives dont nous avons l'intuition que Ieur séparation les altère ; intuition qui devient certitude lorsque nous faisons l'expérience de les unir.
    En réponse à la lecture juive des Évangiles, je propose dans tous mes ouvrages une lecture chrérienne de la Torah, accompagnée d'ailleurs en cela par beaucoup d'amoureux de la langue hébraïque.
    Nous ne pouvons aller vers les Évangiles pour les uns, vers la Torah pour les autres, qu'en revêtant "des oreilles pour entendre".
    Il s'agit bien sûr des oreilles du coeur qui s'ouvrent à l'insoupçonnable, au tout nouveau, dans "les coupures du prépuce" de ce centre de l'Homme, si refermé, voire bloqué sur les idées du mental, qui font loi.
    Il s'agit de retrouver le chemin du Pardes, celui qu'exige la lecture de tout texte sacré, depuis le niveau du Pshat, de ce qui est "simple", jusqu'à celui du Sod, du "secret".
    Car, ne nous faisons pas d'illusion, ce ne sera qu'au coeur du Sod - du "secret" - que nous nous rencontrerons en vérité.

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  • Alliance de feu

    L'actualité du récit de la Génèse n'est pas affaire d'histoire, mais d'être :
    le mythe fondateur de notre civilisation nous parle en réalité de notre vie profonde, de notre rapport à l'Origine et à nos fins dernières.
    Encore faut-il pouvoir lire ce premier livre de la Bible au-delà du moralisme et de l'étroitesse d'esprit des interprétations classiques.
    Pour Annick de Souzenelle, seul le regard de l'Homme intérieur, pénétrant le caractère fondamentalement hébreu du texte biblique, permet une telle libération qui nous ouvre à l'esprit de la Parole de Dieu.

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  • Le baiser de Dieu

    La Torah est un baiser de Dieu !
    De Dieu « Moïse la reçut bouche à bouche », Verbe à verbe ; elle est le Verbe.
    Les « petites lettres d'en bas » qui écrivent le Livre sont lourdes des « grandes lettres d'en haut », leur source, mais aussi leur devenir si nous savons les recon­duire à l'origine.
    Car c'est à l'Homme qu'il revient d'œuvrer à ces noces que le baiser promettait.
    Chaque lettre danse le Verbe qu'elle est ; chaque mot chante le message qu'il délivre si nous nous offrons à lui.
    Cette appréhension de la Torah nous est bien étran­gère, à nous Occidentaux, qui scrutons les textes en manipulant des mots figés comme objets de discours ; entre nos mains, ils deviennent des outils de pensée alors qu'ils en sont les maîtres.
    En vérité, le mot vient vers nous, comme une icône ; il scrute nos coeurs et les appelle à l'ouverture sur un univers infini.
    De cet uni­vers les lettres sont les vibrations, car l'intériorité de l'Homme et la Torah sont sculptées du même ciseau, celui de la voix divine que « voyaient » les Hébreux au pied du Sinaï lorsque Dieu parlait à Moïse.
    La Torah n'est écrite que de consonnes, le Verbe ; leur musique est une voyellisation non écrite, un souf­fle, l'Esprit.
    L'Esprit est une onde qui voyage à l'in­fini, qu'on ne peut saisir, mais qui saisit les lettres dans une ronde ; et la ronde nous encercle à son tour et fait valser toutes nos certitudes ; elle fait se retour­ner, s'éloigner puis se rassembler les mots qui, sou­dain, prennent une couleur, un sens, mais un sens toujours ouvert sur d'autres horizons.
    L'hébreu, plus que toute langue, est propre à chan­ter les récits mythiques qui rendent compte de l'inté­riorité de l'Homme.
    Cette intériorité resterait muette si le mythe ne l'exprimait pas.

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  • Nous sommes coupés en deux

    Annick de Souzenelle analyse pour la première fois le mythe de Jonas dans la Bible, à sa manière habituelle, en revenant aux racines hébraïques du texte pour découvrir le sens caché des mots, et en se servant de la psychologie jungienne.
    Ce faisant, elle nous donne une fulgurante méditation sur nous-mêmes, sur notre temps, avec ses peurs, ses espoirs et ses dangers.
    Dans nos sociétés modernes, l'être se trouve de plus en plus fragmenté, déchiqueté et véritablement coupé en deux par ses besoins, ses désirs et ses obligations existentielles, face à ses aspirations spirituelles.

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  • Cheminer avec l'ange

    Sollicité en 1977 par les organisateurs d’un colloque portant sur l’angélologie, Henry Corbin, philosophe spécialiste de l’Islam soufi, avoua « se sentir coupable d’avoir proposé pour thème la nécessité de l’angélologie, tant la tâche est démesurée ! »
    Que dirais-je de mon audace à soulever un voile sur ce thème ?
    Bien que consciente de mes limites, je ne me sens cependant pas coupable de poursuivre l’effort de mes aînés à tenter de pénétrer le monde des anges tant occulté par notre tradition occidentale qui s’anémie graduellement de son absence !
    Or, je ne peux, ni ne veux, la laisser mourir tant elle m’émerveille dans son souffle universel et prophétique relié à celui de l’ange, mais en effet, la tâche est démesurée !
    Henry Corbin vivait ce qu'il disait, et c'est parce que je vis ces choses que j'ose les dire. Pierre-Yves Albrecht qui m'accompagne en ce livre, philosophe et docteur en ethnologie, possède la science d’un Corbin, mais est surtout lancé dans une expérience fondamentale dont je parlerai plus loin.
    Le monde des anges m'a visitée dès mon enfance et je ne peux en dire que ce que je connais de sa grandeur redoutable et de son infinie tendresse.
    Je m'appuie sur les textes bibliques. Or, qu'ils soient mythiques ou historiques, de ces textes s'élève le chant de la grande aventure humaine, celle de l'intériorité de l'Homme, de l'Adam pour la Bible, celle qui conduit ce dernier à aller vers la totalité de lui-même : « Lek Leka », « Va vers toi », dit le Seigneur à Abram (Genèse 12,1), l'invitant à quitter l'enfantillage des valeurs de l'exil pour se retourner vers l'orient de lui-même et y atteindre, en traversant un « réel voilé », la «terre promise ».

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  • L'Initiation

    Savons-nous encore initier aujourd'hui ?
    On peut trouver, bien entendu, des initiations à des langues étrangères, à un instrument de musique ou au patin à glace, mais dans le sens où l'initiation implique un rite de passage et un chemin de transformation intérieure, on a plus de mal.
    Il est vrai que « l'initiation chrétienne » (baptême, première communion, confirmation) existe et il serait injuste de penser que rien ne se passe intérieurement pour les candidats à ces rituels.
    L'action de la grâce ne connaît pas de limites.
    Toutefois, deux constats s'imposent : pour l'entourage familial, très souvent, ce qui compte c'est l'aspect extérieur (j'en veux pour preuve les multiples flashs d'appareils photos pour figer en image les moments clefs d'un processus qui ne vaut que s'il est intérieur et vivant) ; et bien des prêtres disent ne jamais revoir ces candidats à la sainteté une fois achevées les cérémonies et les mondanités.
    Dans le domaine laïque, avant la chute du mur en Allemagne de l'Est, la Jugendweihe (consécration ou confirmation de la jeunesse) concernait une majorité des enfants de quatorze ans et marquait leur devenir-adulte avec une cérémonie qui conservait les trois étapes traditionnelles de tout rite de passage et contenait des promesses solennelles.
    Le contenu idéologique de ces promesses, très communiste et anti-occidental un moment, a pu varier avec le temps.
    Ce rite a revêtu pour une certaine génération une importance identitaire telle qu'encore maintenant certaines associations en Allemagne le perpétuent.
    La forme demeure, mais le contenu audible change.

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  • Va vers toi !

    Moïse est au sommet du Sinaï ; la montagne fume comme une fournaise et tremble avec violence. Le Seigneur descend dans le feu et parle à Moïse. « Tout le peuple, au pied de la montagne, voit les voix et les éclairs, et la voix du shofar, et la montagne fumante. Il est effrayé et se tient à l'écart. »
    Dans ce bouleversement cosmique, le Seigneur prononce les dix commandements, et le ciseau de son Verbe grave ses lumières dans la pierre pour en éveiller celles qui sont inscrites au cœur des Hommes depuis le commencement du monde.Aussi le peuple voit ; il voit le secret du Verbe derrière le voile des mots ; il s'ouvre à cette épiphanie céleste en son propre cœur, en celui qui bat dans sa montagne fumante intérieure, au centre de sa matrice de feu.
    Depuis trois mois, depuis sa sortie d'Egypte, pays de servitude qui a été sa matrice d'eau, il marche dans le désert ; et soudain, à travers le feu, le peuple voit le monde nouveau, terrifiant et sublime de l'« imaginal », celui des anges. Il voit danser ceux qui le conduisent dans la fournaise de ce monde minéral, jusqu'à la « terre promise ». Le chemin est balisé des lois qu'incarnent ces hiérophantes de Dieu. Les anges invitent le peuple à danser avec eux jusqu'à l'extase afin qu'il entre dans de nouvelles structures et se libère de celles qui l'entravaient en Egypte. Ils l'invitent à goûter ces lois qui n'ont plus l'amertume de la servitude, mais la saveur de miel de l'amour fou de Dieu.
    Cependant le peuple n'ose prendre la main des anges !
    N'est-ce pas folie que cette aventure ? se demande-t-il. Moïse tarde à descendre de la montagne ; Israël doute, en fin de compte, il regrette sa servitude dont il ne savait pas qu'il l'aimait. Désécurisé, il « se tient à l'écart » et ne pense qu'à retourner en arrière - ce qu'il fera ; l'épisode du « veau d'or » le raconte.
    Infiniment miséricordieux, Dieu pardonne. Mais le cœur des Hébreux s'est refermé.

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  • Le Seigneur et le Satan

    De tout temps, les hommes se sont demandé pourquoi le mal et le malheur sont si présents en ce monde, pourquoi « il pleut sur les justes et il fait soleil pour les méchants » - mystère encore plus grand dans le monothéisme, puisque Dieu y est censé être le Tout-Puissant.
    Depuis Le Symbolisme du corps humain jusqu'à « Va vers toi ! », Annick de Souzenelle n'a cessé d'explorer le texte biblique en écho à cette interrogation.
    Elle ose ici l'aborder de front, par-delà tout moralisme, en questionnant le personnage du Satan :
    comment se fait-il que celui qui est perçu comme le Maître des Ténèbres soit mis en scène, dans le livre de Job, comme un interlocuteur du Seigneur, passant même un pacte avec Lui ?
    Se pourrait-il qu'il ait une fonction dans le processus de la Rédemption, et que ses apparitions comme le grand Tentateur - face à Adam et Ève ou à Jésus - soient autant d'épreuves incontournables sur le chemin initiatique ?
    Le serpent qui le symbolise est peut-être la réponse à cette énigme ...

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  • Le livre des guérisons

    Depuis son maître-livre Le Symbolisme du corps humain, Annick de Souzenelle a toujours placé le Christ au centre de son oeuvre :
    son décryptage des grands textes de la Bible, comme sa vision du corps de l'homme, de la souffrance, du cheminement spirituel auquel tous sont appelés, ont toujours été inspirées et alimentées par une foi orthodoxe fervente, puisant aux racines hébraïques du christianisme.
    Mais elle ne nous avait encore jamais offert un ouvrage intégralement dédié aux Evangiles.
    Trente ans après Alliance de feu, sa monumentale lecture du livre de la Genèse, elle nous livre ici une interprétation très originale de la vie et des paroles de Jésus, revisitées à travers le prisme de la langue hébraïque et de sa symbolique.
    En choisissant de se concentrer sur la thématique des guérisons miraculeuses (l'aveugle, le paralytique, la fille de Jaïre, le possédé, etc., jusqu'à la résurrection de Lazare), Annick de Souzenelle nous invite à comprendre la racine de nos maux intérieurs. Profondément ancrée dans la Tradition, mais mue aussi par une sagesse visionnaire, elle nous montre comment nous pouvons, en nous reliant à la transcendance, apporter un remède à notre monde malade.

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Les ouvrages d'Annick de Souzenelle

Le livre des guérisons
Le Seigneur et le Satan - Au-delà du bien et du mal
Le Symbolisme Du Corps Humain Annick De Souzenelle
Annick De Souzenelle Trilogie
Va Vers Toi Annick De Souzenelle
Initiation Annick De Souzenelle
Egypte Interieure Annick De Souzenelle
La Lettre Chemin de Vie Annick De Souzenelle
La Parole Au Coeur Du Corps Annick De Souzenelle
Job Sur Le Chemin De La Lumiere Annick De Souzenelle
Le Feminin De L Etre Annick De Souzenelle
Oedipe Interieur Annick De Souzenelle
Manisfeste Pour Une Mutation Interieure Annick De Souzenelle
Arc Et La Fleche Annick De Souzenelle
Alliance Oubliee Annick De Souzenelle
Resonances Bibliques Annick De Souzenelle
Alliance De Feu Tome 1 Annick De Souzenelle
Alliance De Feu Tome 2 Annick De Souzenelle
Le Baiser De Dieu Annick De Souzenelle
Nous Sommes Coupes En Deux Annick De Souzenelle
Cheminer Avec Ange Annick De Souzenelle