• ANNICK DE SOUZENELLE
    ANNICK DE SOUZENELLE
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Ecrivain d'inspiration jungienne car ses écrits s'inscrivent et s'inspirent de la psychologie jungienne, mieux nommée psychologie analytique.
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle a longtemps été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute.
    Anciennement catholique, elle se reconvertit à la religion orthodoxe, et apprend la théologie, ainsi que l'hébreu.
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Elle poursuit depuis une trentaine d'années un chemin spirituel d'essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions.
    Elle est l'auteur de nombreux ouvrages de spiritualité.
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Sa recherche s'inspire de la spiritualité cabaliste.
Les ouvrages d'Annick de Souzenelle

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"Le Symbolisme du Corps Humain" édité en 1991 jusqu'au dernier "Le livre des guérisons" paru en Mai 2017 :

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Va vers toi ! - La vocation divine de l'Homme

Moïse est au sommet du Sinaï ; la montagne fume comme une fournaise et tremble avec violence. Le Seigneur descend dans le feu et parle à Moïse. « Tout le peuple, au pied de la montagne, voit les voix et les éclairs, et la voix du shofar, et la montagne fumante. Il est effrayé et se tient à l'écart. »
Dans ce bouleversement cosmique, le Seigneur prononce les dix commandements, et le ciseau de son Verbe grave ses lumières dans la pierre pour en éveiller celles qui sont inscrites au cœur des Hommes depuis le commencement du monde.Aussi le peuple voit ; il voit le secret du Verbe derrière le voile des mots ; il s'ouvre à cette épiphanie céleste en son propre cœur, en celui qui bat dans sa montagne fumante intérieure, au centre de sa matrice de feu.
Depuis trois mois, depuis sa sortie d'Egypte, pays de servitude qui a été sa matrice d'eau, il marche dans le désert ; et soudain, à travers le feu, le peuple voit le monde nouveau, terrifiant et sublime de l'« imaginal », celui des anges. Il voit danser ceux qui le conduisent dans la fournaise de ce monde minéral, jusqu'à la « terre promise ». Le chemin est balisé des lois qu'incarnent ces hiérophantes de Dieu. Les anges invitent le peuple à danser avec eux jusqu'à l'extase afin qu'il entre dans de nouvelles structures et se libère de celles qui l'entravaient en Egypte. Ils l'invitent à goûter ces lois qui n'ont plus l'amertume de la servitude, mais la saveur de miel de l'amour fou de Dieu.
Cependant le peuple n'ose prendre la main des anges !
N'est-ce pas folie que cette aventure ? se demande-t-il. Moïse tarde à descendre de la montagne ; Israël doute, en fin de compte, il regrette sa servitude dont il ne savait pas qu'il l'aimait. Désécurisé, il « se tient à l'écart » et ne pense qu'à retourner en arrière - ce qu'il fera ; l'épisode du « veau d'or » le raconte.
Infiniment miséricordieux, Dieu pardonne. Mais le cœur des Hébreux s'est refermé.
Lorsque Moïse redescend de la montagne, portant de nouvelles tables de pierre après que, de colère, il a brisé les premières, les Hébreux sont devant des mots opaques qui cachent le secret du Verbe ; ils ne perçoivent plus que le feu dont brille le patriarche ; mais un voile maintenant recouvre le visage de Moïse dont la peau rayonne d'une lumière devenue insoutenable pour ce peuple qui ne vibre plus qu'au sensible vulgaire. Moïse n'ôte le voile que pour entrer dans la tente où il s'entretient avec son Seigneur.
Comme il est difficile de changer de registre de valeurs, de mourir aux sécurités si fragiles soient-elles, dépendant de l'ancien, pour aller vers le tout nouveau, dans l'inconnu, bien que l'appel soit divin ! Là, le doute vrille le ventre, et l'Homme se laisse manger par sa peur qu'il érige en idole !
Moïse s'enflamme et jette l'idole au feu - le veau brûle ; l'or réduit en poudre est répandu à la surface de l'eau que sont tenus de boire les enfants d'Israël : Moïse donne à intégrer l'idole qui, dans un premier temps, avait « mangé » les Hébreux.
Là est le retournement. Car tel est le face-à-face avec nos démons : ou bien chacun d'eux nous dévore, ou bien nous les intégrons un à un et montons dans la lumière. Cette loi se laissera découvrir.
Ne quittons pas Moïse, et revenons en amont du cours de sa vie pour bien comprendre son propre retournement, initiateur de celui du peuple d'Israël et de la mutation dans laquelle l'humanité tout entière est aujourd'hui saisie. Cet athlète spirituel du premier Testament nous en transmet les lois que le Christ viendra « accomplir » et que nous avons de toute urgence à dévoiler aujourd'hui pour les entendre puis en voir le feu qui, tel le feu du « buisson ardent », fera du monde un brasier d'amour, ou, si nous y restons fermés, tel celui de Sodome et Gomorrhe, un incendie destructeur ; car nous avons, à notre tour, à changer de registre de valeurs. Et c'est difficile ! Moïse, fils d'Israël par sa naissance, a été adopté par la fille de Pharaon, celui qui tient les Hébreux en esclavage ; ce double état symbolise les deux identités de tout Homme arrivant au monde et qui sont celles de Fils de Dieu et fils de ce monde, ce dernier en notre monde d'exil n'étant que fils d'adoption par rapport à son ontologique filiation.
Le Fils de Dieu se réveille soudain en Moïse lorsqu'un jour, fou de rage et n'étant plus maître de lui, il tue un Egyptien qui vient de maltraiter un Hébreu. Seul le Fils de Dieu peut nommer en lui l'esclavage. Moïse se voit enfin, lui et tout son peuple, esclave des Égyptiens en objectivation de leur esclavage intérieur, de celui qui les tient tous en servitude de leurs pulsions. Il quitte l'Egypte - entendons aussi sa terre intérieure d'inconscience ; arrivé en terre étrangère - un espace au- dedans de lui, encore inconnu de lui -, il épouse une femme étrangère, Tsiporah, première part de son féminin intérieur, qui amorce son « envol » - ce que signifie son nom ; elle lui donne un fils, Guershom, « celui qui est soulevé vers les eaux d'En Haut » ; comprenons qu'il s'agit de sa propre naissance en tant que Fils de Dieu appelé à croître et devenir YHWH, naissance tant attendue de Rachel épouse de Jaqob, « qui pleurait sur ses fils qui n'étaient pas encore ».
J'ouvre ici une parenthèse pour éviter une confusion et dire que la signification profonde du récit que je viens de rappeler n'en exclut pas l'historicité. Ces deux niveaux de réalité correspondent respectivement aux deux identités de l'Homme décrites plus haut.
Moïse fait alors l'expérience numineuse, inouïe, de l'union de ces deux niveaux de son être. Au cœur d'un buisson qui brûle et ne se consume pas, son Seigneur se révèle à lui et lui dit son NOM : « JE SUIS (qui tu es en devenir) ». Il lui donne l'ordre de retourner en Egypte pour en libérer tout son peuple. Moïse a peur ; il essaie d'argumenter pour différer ce retour, mais finit par obéir.
À ce moment précis de l'Histoire se joue un événement capital, passé le plus souvent sous silence : sur son chemin de retour en Egypte, Moïse est arrêté par son Seigneur qui « veut le faire mourir ». Entendons le faire muter.
Guershom est alors circoncis par les soins de sa mère qui jette le prépuce de l'enfant aux pieds de Moïse en disant : « Parce que tu es pour moi un époux de sang. » Cela veut dire que Moïse entre dans une toute nouvelle dimension de lui-même ; il vit la circoncision du cœur. « Sauvé des eaux », tel est le nom hébreu de Moïse, il devient « époux de feu », le sang symbolisant le feu. C'est pour cela que son Seigneur lui avait demandé de retourner en Egypte, non pour s'y confondre à nouveau (matrice d'eau), mais pour en faire sortir tout son peuple et aller avec lui vers le désert brûlant (matrice de feu).
Le sens de l'événement ciblé sur le collectif du peuple d'Israël peut aussi s'entendre concernant la personne de Moïse, le peuple symbolisant alors l'« inaccompli » personnel de Moïse. Je m'arrête sur ce que signifie la circoncision. Cet éclairage expliquera l'ouvrage que j'introduis ici.
Brit Milah, « Alliance de la circoncision », peut aussi être traduit par « Alliance du mot ». Ce rituel a pour origine l'Alliance que Dieu établit avec Abram, Alliance au terme de laquelle Dieu promet à celui-ci la levée de la stérilité de son couple, Abram, de son côté, devant pratiquer la circoncision sur tout mâle de sa maison et de sa postérité. Son nom ne sera plus Abram mais Abraham, celui de sa femme Saraï sera Sarah. Le Yod du nom de Saraï, de valeur 10, éclate en deux Hé de valeur 5, qui viennent habiter respectivement les deux noms du couple fondateur d'Israël. Leur union construira le Saint NOM YHWH, le Verbe.
Ici se tient dans un raccourci saisissant la loi selon laquelle l'arbre doit être taillé pour assurer sa mise à fruit. La circoncision au niveau du sexe masculin en Israël donne croissance à l'Arbre qui deviendra Arbre de Jessé et celui-là donnera son fruit dans la personne du Christ, YHWH, le Verbe. Du sexe au Verbe s'élève la sève de l'Arbre de la Connaissance dont le Saint NOM YHWH est le fruit. Au cours de cette montée de sève, tout Homme devra par la suite pratiquer la circoncision du cœur dans la matrice de feu. Il devra travailler avec son Seigneur sur sa jungle intérieure, « couper les peaux » des fauves de son âme, énergies que, dans une alchimie secrète, le Seigneur transmutera en lumière-information, soit en connaissance, jusqu'à ce que tout soit accompli et que l'Arbre de la Connaissance donne son fruit, YHWH, le Verbe.
Du sexe au Verbe, tel est donc le chemin de l'Homme qui, procréateur dans un premier temps, est appelé à coopérer avec Dieu à l'acte créateur.
Mais, nous l'avons vu, l'Alliance de la circoncision est aussi celle du mot. Si le premier sens de Brit Milah conduit à la fécondité de l'Homme dans son identité divine, l'Alliance du mot qui, en ce même substantif, implique une circoncision concerne la fécondité des textes sacrés écrits de mots lancés à bout de souffle du Verbe divin. « Couper les prépuces » des mots va ainsi de pair avec l'œuvre que je viens de décrire et qui, nous guérissant de nos cécités et de nos surdités, nous permettra de dissiper les voiles du souffle divin et de voir la Voix.
J'écris cela pour tirer la sonnette d'alarme sur le fait que notre génération prosternée devant ses veaux d'or ne voit ni n'entend plus la Voix divine. Elle a tant chosifié, instrumentalisé les mots au service de ses propres discours qu'elle ne peut plus lire, des textes du premier Testament, que des discours concernant un historique passé ; elle réduit alors ses écrits au niveau du Pshat, celui d'un réel exilé de toute relation au Verbe et donc rendu incapable de soulever quiconque vers Lui.
La plupart des théologiens chrétiens, victimes de cet exil malgré leurs diplômes universitaires, n'entendent des mythes que des récits historiques rendant compte de l'organisation de la vie sociale des peuples premiers et de leur imaginaire céleste régulant leur code de vie.
Si nous savons que les mythes - muthos en grec, de la racine mueïn, « entrer dans le mystère » - sont les récits qui permettent d'entrer dans le mystère de l'Homme, c'est-à-dire dans un réel autre que celui de l'historique qui nous tient en exil de nous-mêmes, nous vivons en eux non un passé, mais un présent brûlant. Nous lisons des textes qui traduisent ce réel dont la langue n'a pas de mots pour se dire. Au plus profond de l'ultime de ce réel est le Verbe. C'est en ce sens que nous avons à couper les prépuces des mots pour approcher le Verbe.
Or les lois ontologiques ne se révèlent que sur le chemin du mot au Verbe !
Elles se révèlent dès que celui qui interroge les textes sacrés se sent interrogé par eux lorsque « clignotent » les mots (niveau du Remez). Puis elles galopent le long de l'échelle du Darash où l'amoureux du Verbe se doit d'incarner le message qu'il reçoit. Je ne peux rien dire du dernier niveau, le Sod, le « secret », celui du Verbe auquel je suis loin d'avoir atteint et que seul connaît l'Homme devenu son NOM secret, participant de YHWH, le Verbe !
Du mot au Verbe se dresse l'échelle angélique. Les anges sont les gardiens et les révélateurs des lois qui structurent chaque niveau du créé. Pour nous, dans l'immédiat, il me semble urgent d'explorer le niveau du Darash auquel nous pouvons tous atteindre ; là, chaque lettre du texte biblique danse le chant du Verbe qu'elle est, et l'on s'émerveille.
Émerveillée, je l'étais aussi enfant à la lecture du conte de Peau d'âne. On s'en souvient, c'est l'histoire d'une jeune et si belle princesse que le roi, son père, veut l'épouser ; alors, elle devra fuir le palais paternel, revêtue de la peau de l'âne qu'elle a exigée de son père ; fou d'amour, celui-ci a sacrifié l'animal qu'il aimait et dont les crottes d'or enrichissaient le pays ! Le roi s'est dépouillé jusqu'à l'extrême, jusqu'au « rien », pour répondre aux exigences de sa fille bien- aimée. Une robe couleur de soleil, a-t-elle alors demandé, puis couleur de lune, puis de l'air, puis du vent... enfin la peau de l'âne ! Le roi aurait sans doute donné sa propre peau si elle l'avait exigé ! C'est alors qu'elle s'enfuit du palais pour aller se cacher au fond de la forêt dans une pauvre
masure. Pendant la nuit, elle aime se dévêtir pour n'être plus habillée que de sa robe de soleil. Une nuit, passant par là, un jeune chevalier, ébloui par la lumière qui rayonne de la chaumière, frappe à la porte... et l'on connaît la fin de cette belle histoire d'amour !
Un conte, un mythe... celui-ci ne soulève-t-il pas en nous une très antique mémoire, non historique, mais celle d'un autre tissu du réel qui nous fonde ? Ne sommes- nous pas ce chevalier en quête de sens, en quête de lumière ?
Scrutant le Verbe derrière les mots, nous ne soupçonnons pas que, semblables à la peau de l'âne, nos mots cachent un soleil et que, une fois dépouillés, « circoncis », ils font de l'or !
Mais, sans quitter notre émerveillement d'enfant, revenons aux textes sacrés. Le temps est venu de dire ce que, par exemple, Maxime le Confesseur, au VIIe siècle, cachait encore du problème du mal parce que, disait-il, il était préférable à cette époque de garder le silence, alors qu'aujourd'hui, au temps d'une technologie endiablée, où la machine sert l'Homme mais aussi l'asservit, il faut aller au cœur des choses.
Le temps est venu d'approfondir notre connaissance des textes sacrés et de répondre à l'appel de Nicolas Berdiaev, philosophe chrétien du XXe siècle, qui dans nombre de ses livres se lamentait sur l'indigence de l'anthropologie chrétienne.
Le temps est venu d'« enlever les vêtements du monde dont est revêtue la Torah ; sa lumière originelle était trop forte pour le monde et risquait de l'aveugler et de le brûler », disait le Rabbi Dov Baer, Maggid de Mezeritch au XVIIIe siècle, « car les temps messianiques approchent. Alors, ajoutait le Maggid, en ces temps-là, le Saint-Béni-Soit-Il sortira le Soleil de sa gaine, c'est-à-dire que la lumière de la Torah brillera de tout son éclat... ».
Elle brillera pour ceux dont le cœur sera devenu ce même soleil. Le livre des Proverbes le confirme : « La gloire de Dieu est de cacher sa Parole ; la gloire des rois est de la chercher. »
Puisse cet ouvrage contribuer à faire de nous des rois.
© Annick de Souzenelle.
 
 

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