• ANNICK DE SOUZENELLE
    ANNICK DE SOUZENELLE
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Ecrivain d'inspiration jungienne car ses écrits s'inscrivent et s'inspirent de la psychologie jungienne, mieux nommée psychologie analytique.
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle a longtemps été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute.
    Anciennement catholique, elle se reconvertit à la religion orthodoxe, et apprend la théologie, ainsi que l'hébreu.
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Elle poursuit depuis une trentaine d'années un chemin spirituel d'essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions.
    Elle est l'auteur de nombreux ouvrages de spiritualité.
  • ANNICK DE SOUZENELLE
    Sa recherche s'inspire de la spiritualité cabaliste.
Les ouvrages d'Annick de Souzenelle

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"Le Symbolisme du Corps Humain" édité en 1991 jusqu'au dernier "Le livre des guérisons" paru en Mai 2017 :

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Cheminer avec l'ange

Sollicité en 1977 par les organisateurs d’un colloque portant sur l’angélologie, Henry Corbin, philosophe spécialiste de l’Islam soufi, avoua « se sentir coupable d’avoir proposé pour thème la nécessité de l’angélologie, tant la tâche est démesurée ! »
Que dirais-je de mon audace à soulever un voile sur ce thème ?
Bien que consciente de mes limites, je ne me sens cependant pas coupable de poursuivre l’effort de mes aînés à tenter de pénétrer le monde des anges tant occulté par notre tradition occidentale qui s’anémie graduellement de son absence !
Or, je ne peux, ni ne veux, la laisser mourir tant elle m’émerveille dans son souffle universel et prophétique relié à celui de l’ange, mais en effet, la tâche est démesurée !
Henry Corbin vivait ce qu'il disait, et c'est parce que je vis ces choses que j'ose les dire. Pierre-Yves Albrecht qui m'accompagne en ce livre, philosophe et docteur en ethnologie, possède la science d’un Corbin, mais est surtout lancé dans une expérience fondamentale dont je parlerai plus loin.
Le monde des anges m'a visitée dès mon enfance et je ne peux en dire que ce que je connais de sa grandeur redoutable et de son infinie tendresse.
Je m'appuie sur les textes bibliques. Or, qu'ils soient mythiques ou historiques, de ces textes s'élève le chant de la grande aventure humaine, celle de l'intériorité de l'Homme, de l'Adam pour la Bible, celle qui conduit ce dernier à aller vers la totalité de lui-même : « Lek Leka », « Va vers toi », dit le Seigneur à Abram (Genèse 12,1), l'invitant à quitter l'enfantillage des valeurs de l'exil pour se retourner vers l'orient de lui-même et y atteindre, en traversant un « réel voilé », la «terre promise ».
Et c'est ce « réel voilé », caché derrière la coque des choses, derrière la « pelure » de nos âmes, ces « cieux » au-dedans de nous, que notre « terre» observable occulte.
Ce réel de nos « cieux » intérieur est celui de l'ange. Il est aussi celui du féminin de tout être, lourd d'informations scellées au-dedans de lui-même. Henry Corbin le nomme le monde de l'imaginal, entendant par là celui qui s'échelonne dans une intensité de lumière de plus en plus grande, lorsque l'on va vers lui, au-dedans du cosmos qui est aussi en nous, dans le déploiement d'une verticalisation admirable ; l'imaginaire en est sa projection sur l'horizontalité de notre champ d'expérience immédiate, en terre d'exil. Ce champ de l'exil si restreint, tragiquement privé de la respiration qui pourrait l'unir à l'imaginal et en recevoir le sens est, à lui seul, absurde et source de souffrances ; il est celui de l'exil que le Dieu d'Abram. invite le patriarche fondateur d'Israël, à quitter. Il est celui que l'humanité tout entière est aujourd'hui invitée à quitter.
Ce livre voudrait se faire l'écho d'un « va vers toi » cosmique, entendu de ceux « qui ont des oreilles pour entendre » (Marc 4, 28).
Je n'insiste pas sur la présentation de la première partie de cet ouvrage. Le lecteur occidental n'est pas étranger aux textes bibliques qui chantent l'œuvre théophanique des messagers de Dieu, œuvre merveilleuse, innombrable dans laquelle je puise pour en glaner ce qui me semble être essentiel. J'entends par « essentiel » ce qui nous reconduit, sur les ailes de l'ange, à notre identité perdue, c'est-à-dire à une anthropologie qui retrouve son âme, sa dynamique de conquête divine, dans la traversée des voiles de l'imaginal.
Cependant, aller vers l'imaginal, c'est aussi être à l'écoute d'autres textes fondateurs de l'angéologie. Et c'est pourquoi Pierre-Yves Albrecht nous invite à étudier les philosophes de la Grèce antique et les néo-platoniciens dont aucun n'a ignoré les Védas, pas plus que l'Avesta de la Perse antique, autrement dit, ces traditions essentiellement angéliques. Celles-ci ont trouvé l'acmé de leur expression dans l'Islam soufi dont Pierre-Yves nous livre aussi la richesse ; il vit avec bonheur cette tradition soufie qui, complétée par sa formation universitaire, a fait de lui le thérapeute de nombreux jeunes détruits par le non-sens de notre modernité. Cherchant une ivresse à vivre dans un ailleurs, mais ignorant bien sûr l'aventure d'une escalade de l'imaginal, ces jeunes mènent leur quête dans les cieux fallacieux de la drogue, du sexe et de l'alcool ; c'est alors dans la dégringolade de l'échelle démoniaque qu'ils sombrent. Et c'est là que Pierre-Yves va les chercher, travaillant sur leur noblesse bafouée mais rarement éteinte, car c'est de tissu divin qu'elle est constituée. Redresser l'échelle angélique en ces êtres puissamment abîmés est donc l'œuvre, le grand'œuvre, oserais-je dire, de cet orfèvre des âmes ; il est plus autorisé que beaucoup d'entre nous à parler de ces mondes angéliques avec lesquels il vit et de ceux souvent démoniaques qu'il combat.
Pierre-Yves Albrecht est l'auteur de la deuxième partie de cet ouvrage. En l'abordant, le lecteur sera peut-être dérouté. Le style en est très différent : il reprend le langage des dieux, cher aux philosophes grecs. Or, ce langage, celui de l'Olympe, est teinté de mille couleurs allant de la plus pure lumière au plus sombre des enfers ; il est construit de ce multiple apparemment bien étranger à la langue UNE, divine, enfouie dans la profondeur des textes bibliques et révélée par leur sobriété. Chaque lettre hébraïque reconduit le lecteur au Verbe divin par la fonction symbolique qu'assurent les mondes angéliques ; ces mondes sont des transformateurs d'énergies qui vont et viennent du ciel à la terre et de la terre au ciel ; ils invitent le lecteur à conquérir une dimension royale pour entendre le Verbe divin qui se cache derrière l'écrit. Alors que, du côté de l'Olympe, les dieux grecs usent de mille ruses pour distraire leurs adorateurs en les menant dans les méandres rocambolesques de leurs demeures où ils se perdent, ne permettant qu'au véritable amoureux, quêteur de sens, de se laisser saisir par l'ange guide et gardien des lieux.
Prenons l'exemple d'une information capitale, exprimée par l'une et l'autre de ces traditions, celle qui nous révèle la présence en l'Homme de deux identités qu'il est appelé à conquérir successivement en ce monde, l'une d'ordre animal, l'autre d'essence divine La Genèse biblique en rend compte par le passage du sixième au septième jour de l'œuvre créatrice ; elle se vérifie au niveau de notre réalité immédiate dans l’histoire de la gestation de tout fœtus humain : au sixième mois de la vie intra-utérine, l'enfant est anatomiquement et physiologiquement achevé ; son être animal est construit ; à la limite, il peut naître viable. Mais dans les trois derniers mois de sa vie fœtale il reçoit de son noyau fondateur l'information concernant son origine et son devenir divins ; cette information présente en filigrane pendant les six premiers mois du tissage corporel, devient alors le fil d'or du travail des trois derniers mois.
De leur côté, les mythes grecs nous racontent par exemple, avec saveur, les amours de Zeus, dieu du ciel, avec Sémélé - la lune. De cette union est conçu dans le ventre de Sémélé, celui qui naîtra sous le nom de Dionysos. Mais Héra, épouse de Zeus apprend la trahison de son Seigneur et, folle de jalousie, ordonne le meurtre de Sémélé.
Enceinte de six mois, Sémélé meurt. A ce moment précis, Hermès, messager des dieux, vient arracher l'enfant à sa matrice lunaire pour le déposer dans la matrice solaire, la cuisse de Zeus, qui assurera les trois derniers mois de la gestation de l'enfant.
Ces deux étapes physiologiquement décrites dans la vie intra-utérine de tout fœtus préludent d'une façon très significative à l'acquisition de l'identité divine de tout être qui, au cours de sa vie, se cherche au-delà de sa filiation parentale et de son identification au collectif.
Pour exprimer cette même loi, le mythe biblique déclinant l'identité des cinq premiers descendants de l'Adam par Qaïn le tueur, introduit soudain dans le nom du cinquième, Mehouyaël « celui qui oublie Dieu », la petite lettre Yod, lorsqu'il est nommé pour engendrer son fils, le sixième descendant ; à cette étape son nom devient alors Mehiyaël « celui qui donne la vie divine », la lettre Yod ramassant en elle seule la totalité du Saint Nom, celle du Seigneur Yod-Hé-Waw-Hé. Le septième descendant se retourne en lui-même et prend le départ de sa conquête divine.
Dans ce sobre discours biblique, la simple introduction de la lettre Yod dans le nom de l'Homme, en dit tout autant que le plus merveilleux roman des mythes grecs.
On trouvera cette même sobriété plus tard dans les Évangiles. Jean-Baptiste vivait le sixième mois de sa vie intra-utérine lorsqu'il reçut la visite de son Seigneur alors présent dans le ventre de Marie ; il bondit, nous dit le texte, dans le sein d'Elisabeth, d'un bond de reconnaissance de celui qui est aussi sa propre semence.
De même, la lettre Shin présente au cœur du premier mot de la Genèse « Bereshit », met-elle à feu, dès son « principe » la création tout entière ; elle est l'Amour.
Son idéogramme primitif est le dessin d'une flèche saisie par un arc tendu à l'extrême, prêt à lâcher sa prise, celle qui, dans la traversée des mondes angéliques, donnera ivresse à l'Homme et le conduira jusqu'à la cible divine.
Chez les Grecs, la belle histoire de la naissance d'Éros nous est contée par Pierre-Yves Albrecht lorsqu'il nous convie au Banquet de Platon, nous faisant compagnons du dieu, « qui est un ange, avec ceux des anges qui inclinent l'âme humaine vers l'opaque, mais aussi avec ceux qui l'invitent au plus subtil et à la contemplation ».
Il nous promène chez les néo-platoniciens qui, soucieux de remonter à la source de l'être, sont aidés de l’ange Éros, « celui qui nous parvient du Dieu suprême, et sans lequel le délire mystérique se réduit alors aux superstitions des croyances et de la religion ».
Mais c'est Avicenne, philosophe du Xe siècle, médecin des corps et des âmes, qui retient au premier chef son attention.
Animé du même souci que les anciens, Avicenne propose à son disciple de « libérer son âme de l'occident de la matière et de la reconduire à son orient ». Il l'accompagne dans ses passages « de l'épais au subtil, de l'apparent au caché » dans des dévoilements successifs qui sont revêtement de l'ange ; son langage est celui de l'herméneute que n'hésiteront pas à employer plus tard d'autres médecins de l'âme tel Paracelse pour qui l'Alchimie « participe à l'épiphanie de la nature, séparant l'inutile de l'utile et conduisant l'utile à son essence dernière ».
Je pense aussi à Carl-Gustav Jung et à son œuvre remarquable Psychologie et Alchimie ; sans compter Mircea Eliade avec Forgerons et Alchimistes, ou encore Gaston Bachelard La psychanalyse du feu et bien sûr Henry Corbin lui-même et son: Alchimie et Archétype. Et l'on ne peut être que profondément touché par le poète, Rilke, qui, se voulant « âprement vrai » devant son Seigneur lui fait cette prière « Voici les métaux dont je suis fait... il s'agit d'obtenir l'alliage voulu pour la cloche que tu tireras de moi [...]. Persuade-moi, Seigneur, qu'une affinité sacrée lie ces métaux [...] et que leur alliage peut vibrer au plus haut de tes beaux ciels, sans choisir entre oiseaux et anges ».
Balayant toutes les époques et tous les pays, de la Chine à l'Occident, ce langage alchimique a chanté le chemin des transformations de l'Homme jusqu'à l'obtention de l'or, son corps de gloire, celui de l'ange. Au cours de ce « balayage », le zoroastrisme mazdéen de l'ancienne Perse, nous dit Pierre-Yves Albrecht, fut l'un des premiers à apporter sa richesse à la mystique de l'ange sous le langage des « sept métaux rassemblés pour restaurer l'or pur du héros mazdéen ».
Malgré la grande différence d'écriture entre les deux premières parties de ce livre, l'ange conduira le lecteur occidental à entendre l'écho dans lequel elles conversent ; il découvrira par exemple les « daïmons » des philosophes et les « Haïot », les « Vivants » qui peuplent l'âme humaine chez les Hébreux, s'entendre pour devenir anges ou démons selon que l'Homme les sublime ou se prostitue à eux, dans chacune des Traditions. Il ne pourra qu'être frappé par la ressemblance des noms des trois énergies archétypielles, Jouissance-Possession-Puissance, qui fondent le Saint Nom de la Bible et qu'ont sublimées après leur avoir tordu le cou les trois mages venus visiter l'Enfant de la crèche, avec « les trois lascars », Fausse Imagination-Concupiscence et Irascibilité, qu'Avicenne, par le biais du héros de son récit initiatique et, guidé par son maître, conduit vers le pays du « Non où » vers l'ange.
Le lecteur découvrira bien d'autres résonances, au-delà des différences que le christianisme tout particulièrement éclaire, cette Tradition mettant l'accent sur la distinction qu'il convient de faire entre les mondes angéliques et les Personnes de la divine Trinité ; l'archange Gabriel ne pouvant être confondu avec l'Esprit Saint, par exemple.
Cela ne veut pas dire que nous ayons à craindre le blasphème en répondant à l'invitation que nous fait Pierre-Yves, de participer au banquet des dieux. Un troisième volet de ce livre nous réunit, Pierre-Yves Albrecht et moi, dans un dialogue plus intime, un échange qui touche à la confidence sur nos expériences respectives de vie en communion avec les mondes angéliques.

© Annick de Souzenelle
 
 

Les ouvrages d'Annick de Souzenelle

Le livre des guérisons
Le Seigneur et le Satan - Au-delà du bien et du mal
Le Symbolisme Du Corps Humain Annick De Souzenelle
Annick De Souzenelle Trilogie
Va Vers Toi Annick De Souzenelle
Initiation Annick De Souzenelle
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La Lettre Chemin de Vie Annick De Souzenelle
La Parole Au Coeur Du Corps Annick De Souzenelle
Job Sur Le Chemin De La Lumiere Annick De Souzenelle
Le Feminin De L Etre Annick De Souzenelle
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Alliance De Feu Tome 1 Annick De Souzenelle
Alliance De Feu Tome 2 Annick De Souzenelle
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Cheminer Avec Ange Annick De Souzenelle